“La lecture est l'apothéose de l'écriture.” - Alberto Manguel
Jeudi soir nous avons tenu avec quelques comédiens de la compagnie du Noyau une soirée de lectures publiques au café des Halles. Au programme : lecture de 3 nouvelles des auteurs sud-américains
Julio Cortazar et Juan Rulfo.
Autant le dire tout de suite : nous étions tous très sceptiques quant au succès de la représentation. On avait peur que les gens décrochent car les nouvelles étaient longues et manquaient de
rythme aux répétitions.
Et pourtant, je crois pouvoir dire sans me tromper que presque tout le monde dans la salle a passé une très bonne soirée.
Comme quoi, au théâtre (on peux assimiler ça à du théâtre, bien que ça soit très différent) le public est très important. Aussi important que les
acteurs. Car sans public pour recevoir ce que l'on donne, à quoi bon le donner ?
La représentation de jeudi n'avait rien à voir avec la répétition générale, que ce soit pour moi mais aussi pour les autres lecteurs je pense. Elle était beaucoup, beaucoup mieux. La présence des
spectateurs est comme un tremplin, il suffit de se lancer et on se sent tiré, entraîné, on est obligé de continuer ! Pendant les répét, quand on bute sur un mot on recommence, on se dit que c'est
pas grave, il y a que 3 personnes dans la salle. Devant l'auditoire, c'est plus possible, il faut aller de l'avant. J'ai quand même bafouillé parfois (trop de fois à mon goût) mais qu'importe,
j'ai un texte à faire passer, des émotions à ressortir, alors je poursuis ma lecture du mieux que je peux. Et ça passe.
Quand j'ai fait un peu de pub pour cette soirée, quelqu'un m'a dit : "Je viendrai pas, j'aime beaucoup les livres mais je préfère lire tout seul avec le texte sous les yeux. Et puis au pire si je
veux qu'on me lise un texte je demande à ma mère de me lire une histoire avant de m'endormir et ça fait pareil."
Quelle erreur.
Sachez monsieur que pour chaque texte, il existe autant d'interprétations différentes que d'individus le lisant.
La même histoire sera perçue complètement différemment selon qu'elle soit lue ou écoutée - et selon la personne qui la lit pour nous. Un conteur partage le texte tel qu'il le ressent et ne lira
donc pas avec la même intention que quelqu'un d'autre, et c'est là toute la magie de la littérature.
Alors monsieur, venez écouter une de nos lectures, vous serez agréablement surpris.
Il parait que ça fait un bien fou de nous écouter raconter ces nouvelles. Il parait qu'il en faudrait plus souvent, des soirées comme celle-ci. J'en sais rien, j'étais pas du même côté de la
salle que les spectateurs. Mais en tant que lecteur, j'en garde un très bon souvenir. Et j'accepterais sans hésitation de recommencer l'aventure si l'occasion se présentait.
C'est une expérience à tenter. J'ai trouvé ça presque plus difficile que le théâtre. Il y a beaucoup de points communs : il faut savoir s'imprégner du texte pour pouvoir le partager. Mais à
l'inverse du théâtre où l'acteur et le public sont clairement séparés par la scène, ici on est assis au milieu des spectateurs, et la première rangée est à moins de 2 mètres de nous. Il faut
savoir les regarder tout en lisant le texte, parce que c'est pour eux qu'on lit. Et c'est pas évident.
L'avantage c'est que si on a un trou de mémoire, on a le texte sous les yeux. L'inconvénient, c'est que quand on lit en public, on est prisonnier du texte. Pas d'écart possible.
Les textes présentés étaient magnifiques. Remplis d'émotion, parfois tristes, parfois très durs. Les gens qui venaient pour rire ont dû être déçus. Mais avec la mise en scène, les enregistrements
sonores et le fond musical, ce devait être beau.
Les 3 textes m'ont beaucoup touché. Je recommande vraiment ces auteurs, que je ne connaissais pas mais que j'ai eu grand plaisir à découvrir. Juan Rulfo. Julio Cortazar.
Tous à vos bouquins !
Par l'augre
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Publié dans : divers
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Aaaaaaah, trop de stéréotypes me tuent ! A moi ! Je meurs !!!
Eh non, je ne suis pas le seul individu à être en série scientifique et à aimer la musique ou la littérature. Même si beaucoup de scientifiques s'en foutent royalement, je le conçois ;)
Concernant les livres, non je n'en ai pas, on a travaillé sur des photocopies. Par contre je peux te donner les références :
De Julio Cortazar nous avons lu :
- La promenade (extrait de "Gîtes" - 1968)
- Mademoiselle Cora (extrait du recueil "Tous les feux le feu" - 1966)
De Juan Rulfo :
- Talpa (extrait du recueil "Le llano en flammes" - 1953)
Voila bonne lecture !
Bien sur je sais très bien que les "S" ne sont pas comme les clichés qu'on en donne (même si les gens aiment prendre les exceptions pour des généralités). J'ai tellement entendu de conneries sur LE littéraire ... j'ai bien le droit de faire une p'tite boutade non ? (sans entrer dans le "conflit" L/S que je trouve complétement con bien sûr).
Merci pour les références.